Mortel ennui à Tichit

 

Il y a peu de raison de venir à Tichit en Mauritanie. Les chameaux y font une halte pour être chargés de sel et repartir vers le sud. Moi j’ai attendu un taxi brousse 7 jours… une éternité.

 
Il y a peu de raisons de venir à Tichit. à moins peut-être d’y avoir une vieille tante à héritage. Les 3 jours de voiture au départ d’Atar ont de quoi refroidir les plus curieux malgré les 40 ° C ambiants. Il faut dire qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Tichit somnole. Tichit ronflote. 6 000 habitants début XIXe, 60 seulement dans les années 1930. Il s’en faut alors de peu pour que tout ne soit avalé par les sables. Epidémies de variole, dévastation de l’oasis par les criquets, sécheresse, raids de pillards, nappe phréatique de plus en plus salée … un démiurge vengeur semble s’être acharné sur la ville et avoir voulu lui refaire le coup des dix plaies d’Egypte. C’est la sebkha qui a sauvé Tichit. Une sebkha est une large dépression vers laquelle les eaux de ruissellement charrient d’importantes quantités de sels solubles. Lorsque la nappe s’assèche, les cristaux de chlorure de sodium, de magnésium ou de calcium remontent et viennent se fixer dans la couche d’argile superficielle. Cela donne l’amersal, un genre de sel peu recommandé pour la cuisine mais dont raffolent les chameaux. 
 
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Écrit par
Christophe Migeon
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