Si l’île de Malte a connu une forte urbanisation ces dernières décennies, la nature et le sauvage parviennent encore à défendre leurs positions dans une bonne partie de l’archipel.

Composé de Malte, Gozo au nord-ouest et, coincée entre les deux, la minuscule Comino. L’archipel maltais flotte à une centaine de km au sud de la Sicile et moins de 300km de la Tunisie. Les trois îles sont très différentes: Malte est de loin la plus développée. Elle plaira aux amoureux de patrimoine culturel et architectural. Loin de l’urbanisme débridé de sa grande sœur, Gozo l’indolente, Gozo la champêtre. C’est une île paisible et retirée du monde, idéale pour des balades à pied ou à vélo. Ses eaux claires plairont aussi aux plongeurs. Et au milieu Comino, la plus sauvage des trois, se visite en une journée.
La réserve de Ghadira

Dans le nord-ouest de Malte, loin du tumulte de La Valette, la réserve de Ghadira. Elle incarne l’un de ces morceaux de nature, longtemps insignifiants, mais qui au fil de l’urbanisation galopante, acquièrent une valeur inattendue. Cette ancienne saline sans doute déjà exploitée sous l’ère romaine —les chevaliers parlaient déjà de «saline vecchie»— servait encore dans les années 1970 de parking aux vacanciers désireux d’étendre leur serviette sur la plage.
Prenant conscience que les sept hectares de Ghadira étaient devenus un point d’eau vital pour le repos des espèces migratrices entre l’Europe et l’Afrique, le gouvernement les a déclarés en 1978 réserve naturelle. Les migrateurs qui remontent vers l’Europe, amaigris, affaiblis, font les frais de leurs petites récréations. Qu’importe l’oiseau pourvu qu’on ait l’ivresse du sang. Au moins à Ghadira, les piafs peuvent-ils goûter un repos bien mérité.
Les épaves de la vie

Si Malte, longuement et abondamment bombardée pendant la seconde guerre mondiale, a vu bon nombre d’épaves de navires (Le Maori dans le port de Marsamxett, le Carolita ou l’Odile) voire d’avions (le Bristol Blenheim à Zonqor Point) couler le long de ses côtes. Gozo a été relativement épargné par les bombardiers allemands et se retrouvait encore il y a quelques années dépourvu de vieilles tôles. Ici il n’y avait pas d’épaves. Alors on en a fait. À la demande des clubs de plongée, le GTA (Gozo Tourism Association) a supervisé le sabordage de plusieurs épaves, nettoyées et spécialement apprêtées pour les plongeurs.
Sur la côte sud-est, bien protégée des fortes houles de nord-ouest, la baie de Xatt L-Ahmar abrite le Karwela, un vieux ferry de 58m de long. Ainsi que le Comino Land, un poseur de mines de 34m. Les deux navires posés sur un désert de sable clair sont désormais de foisonnantes oasis de vie convoitées par une foule d’espèces.
Où dormir: notre bonne adresse

Hotel Ta’ Cenc & Spa. Cet hôtel 5 étoiles situé sur la côte sud de Gozo propose 73 chambres dans des bungalows en pierre. Chacun offre une terrasse et un jardin privé, entourés de palmiers et de figuiers de Barbarie. Tu paies 119 € en basse saison et 170 € en haute saison, petit-déjeuner compris.
Plus d’infos sur www.tacenc.com
À Malte et à Gozo, on trouve aussi les célèbres farmhouses. Les propriétaires restaurent ces vieilles maisons et les louent entières ou par chambres. Tu paies environ 60 à 80 € la nuit pour une chambre confortable. Compte 150 à 250 € pour une villa avec vue sur mer et piscine. Dans la plupart des cas, les hôtes incluent le petit-déjeuner.
Plus d’infos: https://www.visitmalta.com
Photographe : Christophe Migeon
