Islande – L’autre planète

65 voyages en Islande, peut-on parler d’une addiction ?

Exactement ! Mon premier voyage remonte à 2002, et ça reste le choc de ma vie. Je découvre une terre sans arbres où l’on voit les structures de la planète, une terre presque des origines. L’Islande ce n’est pas un pays, c’est un univers que je décrypte voyage après voyage non sans ressentir la solitude qui s’en dégage. J’en suis tombé amoureux dès la première fois.

Qu’est-ce qui rend l’île si unique ?

L’Islande est née de la rencontre d’une dorsale (chaîne montagneuse sous-marine) et d’un point chaud qui s’est glissé par en dessous pour la soulever hors de l’eau. D’ordinaire, ces phénomènes se déroulent sous l’eau, mais ici, on peut voir l’île qui continue de grandir en s’étirant de 2 à 3 cm par an (la vitesse de la pousse des ongles), car la dorsale continue de jouer sur la croûte terrestre. Elle est unique aussi, car elle accueille des dizaines d’espèces d’oiseaux migrateurs. J’aime dire que l’Islande est un porte-avion ornithologique naviguant comme dans un rêve sous un ciel illuminé par les aurores boréales.

Plutôt été ou hiver ?

Les deux, mon capitaine, c’est l’objet de mon dernier livre : montrer que chaque saison a son caractère. La fréquentation augmente pendant l’été. Il y a plus d’hommes et plus d’oiseaux. Il y a le soleil de minuit. On se régale avec les couleurs : le rouge et le noir des scories volcaniques et le vert fluo des mousses. L’hiver, on découvre le pays pour ce qu’il est vraiment. Entre 11 h et 16 h, le jour vacille, on entre dans le calme et l’intériorité. Les levers et des couchers de soleil n’en finissent plus, c’est le paradis pour les photographes. (…)

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Photographe : Arnaud Guérin
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Écrit par
Arnaud Guerin
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