Le coeur de Yasmine Hamdan bat pour Beyrouth dans son troisième album I remember I forget. Pour ce nouvel opus la libanaise était en concert au Trianon le 18 mars. Une soirée qui alterne entre instants doux et vaporeux et élans d’énergie. Rencontre avec la chanteuse pendant sa tournée européenne.


Yasmine Hamdan entre douceur et énergie brute © Océane Wodzynski
I remember I forget, c’est un peu le Liban vu de loin ?
C’est surtout l’expérience de beaucoup d’entre nous qui sommes à l’étranger et qui restons en contact avec nos familles. On regarde avec un regard très inquiet les choses dramatiques ou tragiques qui se déroulent là-bas. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt la reconstitution d’une mémoire et la façon dont on continue de vivre, dont on trouve de nouvelles forces et dont on transforme nos expériences.
Le disque n’est pas désespéré…
Oui, l’espoir est toujours là. Cet album a, de manière très assumée, un côté assez sombre mais il a aussi beaucoup de luminosité. J’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Il y a beaucoup d’exploration, dedans, beaucoup de jeu et donc beaucoup de joie. Je crois que la joie est une force. Je ne crois pas que parler de ce qu’il y a en nous de triste ou de vulnérable soit en contradiction avec cette force.


Yasmine Hamdan avec sa soeur sur la scène du Trianon © Océane Wodzynski
Conseilleriez-vous d’aller visiter Beyrouth ?
Beaucoup de gens y vont. Le Liban a même eu une saison estivale assez dingue. Récemment, tout le monde de l’art est venu à Beyrouth parce qu’un grand collectionneur organisait une soirée chez lui. Rien n’arrête les Libanais. Quoi qu’il arrive, on retourne au pays, on voit notre famille, nos amis, et on fait la fête. Il y a beaucoup d’activités. Ce qui est merveilleux, c’est qu’il y a une espèce de continuité malgré toutes les ruptures.

Yasmine Hamdan sera de retour à Paris pour le festival We Love Green le 7 juillet et à Saint Nazaire le 25 juillet.

« I remember I forget »
(Crammed Discs)
