Reportage en Belgique. Vous aimez les villes d’histoire, les beffrois, les cathédrales, les canaux, vous appréciez la peinture flamande avec un faible pour Jan Van Eyck, mais aussi l’art contemporain, le design, la photo, la mode, vous faites du vélo, vous craquez pour une bonne bière, une bonne table, vous aimez la fête, alors Gand vous va comme un gant.
Sur un quai de la Lys, un troquet attend les passants. On pousse la porte et l’odeur du bois ciré saisit aussitôt. Deux tonneaux dressent leur ronde silhouette au centre de la salle et servent de tables dans cette pièce minuscule qui se remplit vite le soir venu. Quelques tabourets longent les murs comme des complices fatigués. Au fond, un petit comptoir s’impose, bas et poli par le temps. Derrière, Pol officie avec tranquillité. Il n’est pas très grand, et ça tombe bien : il sert sans se plier en deux. D’un geste sûr et rapide, il aligne les petits verres de genièvre que les noctambules lui réclament. Les habitués avalent le breuvage cul sec, comme un rite. Le liquide brûle la gorge et affiche fièrement ses trente-huit degrés. Le problème, c’est qu’après le premier, on en prend un deuxième, puis un troisième, jusqu’à oublier l’heure et le froid qui mord dehors.
