Alors que tout le monde leur disait que c’était irréalisable, elles l’ont fait ! Elise et Léopoldine Desprez ont traversé le Kirghizistan à cheval. Ainsi est né le livre, Cavalières, La chevauchée kirghize, paru chez Transboréales. Rencontre avec deux sœurs normandes qui ont choisi la liberté du voyage équestre pour écrire leur histoire.
Comment est née l’idée de l’aventure ?
Léopoldine : Elle est née d’un rêve de gamine qu’on avait toutes les deux. On a parcouru les plages normandes à cheval, ça a nourri un peu notre imaginaire, tout comme des lectures avec des voyages à cheval, de la liberté. Et donc c’est parti un peu d’un pari à Noël, on s’est dit “chiche”, on a un créneau toutes les deux ensemble, “chiche” on part, on fait ce voyage toutes les deux.
Pourquoi le Kyrgyzstan ?
Élise : Parce que ça nous fait rêver, parce qu’on n’arrive pas à prononcer le nom de ce pays, et on s’est dit ” en quelques mois, on va peut-être y arriver”. Mais aussi pour les Tian Shan, on s’élève, et pour tout l’imaginaire autour des routes de la soie parce que les livres, de Ella Maillard… tout un tas de choses qui ont nourrit plein d’idées un peu folles, plein de fantasmes. On a eu l’envie d’aller se plonger dans des montagnes où il n’y a pas de clôture, pas de barrière, pas de route, juste la steppe pour s’y perdre entre frangines. Je crois que c’est ça qui nous a donné envie.
Le périple commence avec la recherche des chevaux, quand vous arrivez sur place, c’est ça ?
Léopoldine : Oui vaste projet d’acheter 3 chevaux donc l’idée étant de trouver des petits chevaux kirghiz avec toutes leurs bonnes réputations, des chevaux de montagne avec le pied sûr. Il a fallu aller dans le sud du pays, le sud très montagneux, où on pouvait trouver des élevages et des bazars, des marchés aux bestiaux où on espérait pouvoir trouver ces petits chevaux kirghiz.
Élise : Et au final on a trouvé ces 3 chevaux qui ne se connaissaient pas à la base, donc ils n’étaient vraiment pas convaincus par l’idée de partir ensemble et encore moins de partir avec nous, il a fallu vraiment apprendre à faire connaissance. Ils allaient nous accompagner pendant quelques mois, notre survie allait dépendre d’eux quand même, parce qu’on s’apprêtait à plonger dans ces monts célestes à leur côté. Donc ça a été quand même un point très important du voyage, mais qu’on a réussi à mener à bien grâce au kirghiz que l’on a rencontré sur place. Ils nous ont aidés dès cette étape-là, ils nous ont guidés, dans l’achat des chevaux et dans l’achat aussi de tout le matériel, le harnachement, les celles, les filets, qui allaient être parfaitement adaptés à ces petits chevaux. On a amené très peu de choses de France parce qu’on espérait pouvoir trouver sur place le bon équipement qu’allait leur convenir aussi.
Ils sont semi-sauvages ?
Léopoldine : Oui, ils vivent en liberté les 3 /4 de l’année, ils sont récupérés à la saison estivale au moment où tout le monde monte avec les troupeaux en montagne. Donc oui, ils n’ont pas la même notion que nos chevaux français de la domestication, effectivement.
Élise : Et ils sont restés semis sauvages un certain temps, même avec nous.
Vous avez eu quelques mésaventures avec eux ?
Léopoldine : Effectivement quelques fugues, dont une qui a duré 3 jours quand même, dans la vaste vallée de l’Axai, tout au sud du pays. On a eu quelques frayeurs, avant de pouvoir leur remettre la main dessus.
Élise : On a compris ce que signifiait réellement chercher deux aiguilles dans une botte de foin. Deux chevaux dans une steppe Kirghiz, c’est exactement la même chose, c’est tout aussi compliqué.
Quel a été votre parcours le long de ce voyage ?
Léopoldine : C’est un voyage qui a pris 4 mois en tout, donc à peu près 1 600 km. En fait, on n’avait aucun moyen de mesurer, puisque n’était pas l’objectif. On est parti du sud du pays, pas loin de la frontière chinoise. On a franchi le col de Tash Rabat à 4 000 mètres d’altitude et il nous a projeté dans la vaste vallée de l’Aksay, qui suit la frontière chinoise sur une cinquantaine de kilomètres. Après, on est redescendu un peu vers la vallée de Narine, on a perdu un petit peu en altitude, et on est arrivé tranquillement vers le lac Issyk-Kul, qui est le grand lac transfrontalier entre le Kazakhstan et le Kyrgyzstan, une mer intérieure immense, magnifique. Après, on est remonté un petit peu vers l’est du pays pour passer la frontière Kyrgyz-Kazakh et puis après on est remonté vers le nord du Kazakhstan. L’objectif c’était le massif de l’Altaï tout au nord du Kazakhstan, on a suivi les monts célestes en fait vers le nord, toujours en longeant un peu la frontière chinoise tout à l’est du Kazakhstan.
Il y a un dicton dans votre livre, Cavalières “ les chevaux sont les ailes des Kirghiz”.
Élise : En effet, les chevaux sont les ailes des Kirghiz parce qu’ils les utilisent pour tout un tas de choses. Ils sont posés sur le dos d’un cheval très très rapidement déjà, ils les utilisent comme moyen de locomotion pour se déplacer dans la steppe, ils les utilisent aussi comme moyen de survie pour survivre dans les hauts plateaux quand ils montent en estive, ils les utilisent pour du commerce, ils les utilisent pour le légument pour fabriquer le koumis, il le mange aussi, ça peut être une ressource en nourriture, donc oui c’est vraiment un compagnon de vie pour eux, il y a une relation qui se noue en tout cas entre le Kirghiz et son cheval, qui est vraiment très très très puissant, donc c’est vraiment un allié, en tout cas dans les steps.
Léopoldine : Et on le retrouve beaucoup dans les légendes et les chansons Kirghiz, le cheval a toujours une place prépondérante.
Et est-ce qu’ils sont devenus vos ailes à vous aussi ?
Léopoldine : Complètement, ils nous ont permis de voler d’une vallée à l’autre en quelque sorte, et de nous guider surtout. La montagne, c’est un autre élément, on est normandes. On est plus habitués aux plages qu’aux montagnes. Et eux, ils connaissaient leurs montagnes, ils ont le pied sûr. Ils nous ont permis, effectivement, ils nous ont guidés à travers les pierriers, etc. pour franchir l’école et passer d’une vallée à l’autre. Donc ils nous ont emmené avec eux pendant ces quatre mois de voyage.
Vous n’aviez pas de carte, comment avez-vous fait pour vous frayer un chemin dans ces immensités ?
Élise : On avait quand même réussi à trouver des cartes à Bishkek, la capitale du Kyrgyzstan, avant de partir. On avait donc des cartes papier, une boussole, beaucoup de naïveté, et un petit peu d’audace, on est partis avec ça. Le Kazakhstan, ça a été autre chose parce que c’est pas un pays qui est cartographié. Et surtout, en utilisant cette base de cartes, on se fiait surtout au conseil des bergers qu’on croisait parce que eux connaissent leurs montagnes. Eux, ça avait très bien, si les cols étaient praticables ou non à cette période-là de l’année, s’il y avait trop de neige ou si, au contraire, ça pouvait passer. Les meilleurs guides étaient nos chevaux et ensuite c’était les bergers qu’on rencontrait sur place. Donc on a construit un itinéraire avec cette espèce de boussole qui nous guidait vers l’Altaï, cet objectif très lointain, et ensuite au fur et à mesure des ressources en eau en arbre qu’on trouvait, des ressources qu’on avait en nous, on avançait petit pas par petit pas, vraiment jour après jour.
Quelles sont les contraintes ou la chance de voyager avec des chevaux ?
Léopoldine : La chance, c’est de pouvoir être autonome, de porter beaucoup de nourriture. Il suffit de suivre un itinéraire avec suffisamment d’eau et d’herbe pour les chevaux. Mais ça nous a permis, effectivement, d’avoir jusqu’à trois semaines d’autonomie, voire un peu plus dans nos sacoches, et d’aller nous perdre un petit peu dans les montagnes. L’autre grande chance, c’est le vecteur de rencontres qu’est le cheval. C’est un peu notre communication avec les gens qu’on rencontrait. On était vus comme des cavalières avant d’être vus comme des touristes, donc le premier contact et l’accueil s’est fait très facilement.
Mais vous étiez aussi jaugées sur la tenue de vos chevaux, si j’ai bien lu.
Léopoldine : Effectivement, les gens qu’on croisait, ils commençaient par regarder les cheveux, et vice versa, on regardait leurs cheveux aussi. Si les chevaux étaient beaux, en bonne santé, etc., le dialogue était beaucoup plus simple.
Élise : Il y avait vraiment cet amour commun, des bêtes, de l’élevage, et c’est devenu vraiment une langue commune avec les bergers, les familles qu’on rencontrait. Il y avait vraiment ce point commun qui était grandement facilité par nos chevaux.
Vous êtes autonome, avec votre petite tente mais vous pouvez profiter aussi de l’hospitalité tout au long de cette route ?
Léopoldine : L’hospitalité des Kirghiz est assez magique, des hommes et des femmes de montagne je pense que c’est assez universel. Ça pouvait être sous la forme d’un thé qu’on nous offrait en journée. Quand on croisait une yourte on s’arrêtait une heure ou deux le temps de discuter et de se réchauffer autour d’un thé. Le soir la première chose qu’on faisait avant de monter notre tente, c’était d’aller voir la yourte et les habitants et leur demander si ça leur posait pas de soucis qu’on pose notre tente à côté. Et bien souvent, ils étaient surpris par la question parce qu’il n’y a pas de notion de propriété privée. Ils nous disaient qu’on n’allait pas monter notre tente, mais qu’on allait dormir avec eux sous la yourte bien au chaud.
Élise : Par contre, ils étaient impressionnés par la rapidité avec laquelle on arrivait à démonter notre petite yourte. Pour eux, ça peut prendre une journée entière alors que nous, en quelques minutes, on arrivait à plier notre maison. C’était source de discussions, de beaucoup de blagues et de rires entre nous.
J’aime bien quand vous parlez de comment s’installe la nuit dans la yourte, racontez-moi.
Léopoldine : La nuit c’est tout un rituel, qui est toujours un petit peu le même. Il y a le poil dans un coin, les affaires de cuisine, de toilettes, etc., accrochées sur les parois, le sol qui est recouvert de tapis, la table basse qui est au milieu de la yourte, qui est le pivot central de la yourte pour l’accueil, etc. Puis derrière, il y a toute une pile de couvertures. Quand vient la nuit, on prend la table basse, on la met contre une paroi, on étale les couvertures sur le sol de la yourte, on couche tout le monde en sardine les uns à côté des autres, on recouvre tout le monde de couverture et tout le monde passe une bonne nuit comme ça.
C’est vraiment une bonne nuit ?
Élise : Ah oui ! En fait, il y a quelque chose d’assez magique qui opère, c’est qu’on est collés à la steppe et en fait, c’est comme si on ressentait une espèce de vibration. On’est vraiment collé à ce sol incroyable, et les uns aux autres dans une horizontalité commune, juste avec le Tunduk, cette ouverture de la yourte, au-dessus de notre tête, qui laisse parfois entrevoir la voûte céleste au-dessus de nous. Il y a quelque chose de très fort, on sait qu’on doit tous survivre les uns avec les autres. Alors on se retrouve en grande proximité avec le voisin qui, comme par hasard, est arrivé le soir même parce qu’il savait qu’il y avait deux touristes de passage, son haleine se retrouve à 2 cm de la nôtre, ça crée quelques moments encore une fois très drôle. C’est des moments incroyables. Cette hospitalité on se l’apprend plein cœur, elle est vraiment très forte.
En tout cas, il y a une boisson qui ne fait pas forcément l’unanimité, le Koumis.
Léopoldine : Le Koumis, c’est la grande tradition estivale des Kirghiz pour leur plus grand bonheur, c’est le lait de jument fermenté. Ils ont tous un petit troupeau de juments qui traitent cinq fois par jour pour fabriquer cette fameuse boisson. Ils versent le lait frais dans un grand bidon composé de ferments lactiques. Ça fermente très légèrement et puis à longueur de journée ils utilisent un grand manche en bois qui s’appelle le bishkek, pour baratter, le lait pour l’aérer. C’est un breuvage assez mousseux, assez aéré, qu’ils offrent aux visiteurs, à la famille qui vient les voir. C’est une boisson qui est un peu acide, un peu âcre, c’est dur à décrire, mais qui est très riche en protéines, donc et puis qui nécessite un grand travail, tout l’été donc c’est fortement apprécié.
Sauf pour Élise.
Élise : C’est dur à décrire et dur à digérer, et dur à apprécier. Clairement, moi, je n’ai pas eu cette facilité pour m’y faire… Enfin, on voit que c’est une grande marque d’hospitalité, c’est quelque chose qu’ils partagent, donc on a envie de partager ça avec eux. Mais quand le liquide entre en bouche, il se passe une autre expérience. Nos petites papilles gustatives normandes, sont mises à rue d’épreuve. Je n’ai pas réussi à m’y mettre, non.
Côté vestimentaire, sur la couverture du livre, on vous voit de dos avec les chevaux et vous êtes habillées en treillis, on dirait des militaires dans la steppe.
Léopoldine : On a choisi de s’équiper sur les bazars, dans les grands marchés. Et on y trouve beaucoup de vêtements militaires, qui sont assez chauds et assez confortables, donc assez pratiques. Donc on a adopté la même tradition que les bergers Kirghiz, on les voit souvent en treillis militaire, parce que ce sont des vêtements très pratiques. Et nous, ça nous permettait de nous déplacer dans la steppe en toute discrétion, on était noyées dans la masse.
Et quand les femmes vous voient arriver à cheval avec vos tenues de treillis, comment elles vous voient ?
Élise : Elles sont bien plus délicates et bien plus belles que nous. Elles portent souvent des fichus, des bijoux, elles sont très apprêtées. Elles sont magnifiques, donc on avait l’air bien ridicules à côté d’elles. Quand on arrive, elles ont les mêmes réflexes que leurs marie, que leurs frères, que leurs pères, c’est-à-dire que rapidement, elles prennent les brides de nos montures, elles vont les accrocher dehors, elles nous poussent à l’intérieur de la yourte, on enlève tout cet accoutrement et on se retrouve juste entre femmes, et là on commence à partager beaucoup de choses. On a pas mal de points communs, il y a cette urgence à nous mettre un bol de thé fumant dans les mains, et des fois on se regarde juste pendant de longues minutes le temps de poser, parce que parfois on a juste eu le temps de s’abriter de l’ orage. Elle nous laisse le temps de s’imprégner de l’ambiance de la yourte. Et puis petit à petit, les langues se délient, on arrive à discuter, soit en faisant des gestes, soit avec quelques rudiments de russes ou de kirghiz qu’on a, et on commence à discuter des enfants, des maris, du mariage, de plein de choses. On se rend compte que peu importe où on est sur cette belle planète, on se pose les mêmes questions. Il y a beaucoup de points communs entre une femme kirghiz et une femme française. Et nous, on a eu cette chance en étant deux femmes d’avoir accès à ce monde des femmes qui est parfois très éloignée pour les hommes. Il y avait beaucoup de confiance, beaucoup de proximité. Il y a aussi beaucoup d’humour avec les femmes qui rapidement nous ont dit « Vous avez une bague, c’est sûrement une alliance, mettez-la de l’autre côté » au Kirghizistan, elle se met sur cette main-là. Elles nous ont aidé à rendre beaucoup plus crédible ce petit mensonge qu’on portait avec nous.
Le plus dur dans ces traversées, ce serait quoi ?
Léopoldine : Je pense que le froid est la faim, on l’a un peu sous-estimé avant de partir. Donc on n’était pas assez équipés, pas assez préparés. Après, on a réussi à faire avec. Mais ça a puisait pas mal dans nos réserves dès le début du voyage et puis le plus dur, je pense, ça a été la fin du voyage, de revendre les chevaux, de les laisser là-bas, ça, ça a été très dur aussi.
Élise : Indéniablement, la déchirure que c’est de devoir se séparer de ces compagnons de vie. Enfin, on a complètement fusionné avec nos animaux. On savait très bien qu’on ne pourrait pas les ramener, mais il n’y a rien qui peut préparer à ce dernier jour, à ce dernier instant. On vient se coller une dernière fois à côté d’eux, et on doit s’en séparer, et ça je pense que c’est le plus dur. Après, je te rejoins complètement sur la difficulté d’aller trouver les ressources en nous pour passer ces dernières heures de la nuit, où en fait on grelotte de froid, on perd beaucoup trop de calories, beaucoup trop de degrés, mais le corps humain est incroyablement résilient et incroyablement fort, et on arrive à trouver ces ressources. On arrive à les trouver aussi parce qu’on est l’une avec l’autre, et que la survie de l’autre est bien plus importante que la nôtre, donc en fait on survit pour l’autre avant tout et on arrive comme ça à passer nuit après nuit, jour après jour. Il n’y a pas un moment dans la journée, où on n’est pas émerveillé par la chance qu’on a de pouvoir parcourir ses steppes, donc c’est ça qui nous fait tenir aussi. Mais ouais l’attachement des bêtes, c’est quand même ça le plus dur.
Et vos ailes du coup elles se sont agrandies pendant ce voyage ?
Léopoldine : Oui. Je pense aussi qu’on est parti sans trop se préparer sur les pays qu’on allait traverser, parce qu’on ne voulait pas arriver avec des aprioris ou des préjugés sur les peuples qu’on pouvait rencontrer, on voulait arriver sur une page vierge. Je pense qu’on avait confiance aux gens, mais forcément on avait des peurs et des appréhensions avant de partir. Et le fait de rencontrer toutes ces personnes, les kirghiz ont une manière bien à eux de nous. Aucun kirghiz ne nous a jamais dit “ça va pas être possible faites pas ça, ça va être trop dangereux “. Ils ne projetaient jamais leur peur, par contre tous à leur manière en créant un nœud en ajoutant des cordes dans nos sacoches ou en nous donnant à manger à leur manière ils nous ont énormément aidé. Je pense que nos ailes se sont agrandi aussi dans cette fois en l’humanité et en le de se dire que quelles que soient les coutumes et les traditions ou les appréhensions qu’on peut avoir envers des gens qu’on ne connaît pas mais en fait l’humanité est quand même merveilleuse soit où qu’on soit et quelles que soient les coutumes des gens.
Découvrez Cavalières, La chevauchée kirghize paru aux éditions Transboréal et un entretien avec Élise et Léopoldine Desprez dans le AR72 qui porte en couverture un pouple bien breton.
