Spring break - A/R Magazine voyageur 2017

Spring break : Sea, Sex & Gueule de Bois

On ne sait pas si en temps ordinaire, les étudiants des États-Unis font plus ou moins l’amour que ceux des autres pays. Mais pour beaucoup d’entre eux, la vie sexuelle est marquée par une étape importante : les vacances de printemps. On appelle ça le « spring break ».

Les étudiants se ruent en masse, le plus souvent à Miami en Floride ou bien à Cancún au Mexique. Et là, ils font ce qu’on appelle « la fête ». Cette tradition remonte aux années 1930. L’entraîneur d’une équipe de natation fut le premier à lancer l’initiative, qui a vite fait tache d’huile et perdure depuis. Dans tous les pays, les étudiants ont des vacances de printemps. Mais aux États-Unis, ces congés à priori banals se sont transformés en phénomène unique au monde.

De nombreuses vidéos sur internet en donnent des aperçus. À première vue, c’est le paradis pour les fans du concept « sea, sex and sun ». Mais à regarder de près, la mer et le soleil sont juste là pour le décor. Car en vérité, on ne les voit pas beaucoup nager ou faire bronzette. Non, la première de leurs activités consiste à boire de l’alcool, beaucoup d’alcool.

 

Le plus hot se déroule sur la plage

 

L’image la plus typique du spring break, c’est un groupe de filles en bikini, aux regards éméchés, qui dansent sur le sable, avec une rythmique sexuelle de l’arrière-train, et braillent de longs « ouuuaaaa… » ou « yeaaahhh… » devant le mec qui les filme. L’autre pratique typique, c’est le « flashing ». Le concept est simple : les filles montrent leurs seins (enfin, vu la taille de leur soutif, qui en dévoile généralement la quasi-totalité, c’est juste pour le principe) pour chauffer les mecs. Il y a celles qui les montrent naturellement, celles qui se font prier, ou celles qui le font en échange d’un tee-shirt… Elles le font dans la rue, dans les discothèques, bref, partout… Les mecs, eux, ne montrent rien. Mais le plus hot se déroule sur la plage.

Les vidéos de spring break sont même devenues une catégorie part entière sur les sites pornos. On y voit souvent des filles bourrées qui ont tombé le bikini et se caressent mutuellement devant un attroupement de mecs. Il n’est pas rare, non plus, de voir un gars et une fille copuler sans la moindre gêne devant leurs potes qui les encouragent de leurs cris en continuant à boire leur cocktail.

 

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Agressions et rapports non protégés

 

Sevil Sönmez, chercheuse à l’université de Pennsylvanie, a mené une étude sur les comportements des étudiants durant le spring break. Il en ressort que 30 % disent avoir eu une relation sexuelle avec un partenaire rencontré durant cette période. Cela dit, il faudrait préciser ce qu’ils entendent par comportement sexuel. En effet, une autre étude a montré que chez les jeunes Américains, 20 % des garçons et 17 % des filles pensent qu’une fellation ou un cunnilingus n’est pas un rapport sexuel. La même étude montre que 43 % de ceux qui ont des rapports sexuels n’utilisent pas toujours de préservatif. Il y aussi les risques d’agression.

À l’attention de ses étudiants, l’université du Missouri a publié un communiqué rappelant que 90 % des viols se font sous l’emprise de l’alcool, soit pour l’assaillant, soit pour les victimes (soit pour les deux). Il n’y a pas de statistiques des viols durant le spring break. Mais il est possible que les victimes ne s’en souviennent même pas. En tout cas, toujours d’après la même étude, 68 % des étudiants disent regretter les rapports sexuels qu’ils ont eus en étant bourrés…

Il faut dire que les vidéos de spring break ne font pas forcément très envie. Derrière le théâtre des exhibitions poitrinaires et des « yeahh… » surjoués, on devine certains lendemains pénibles. Il y en a peut-être qui s’éclatent vraiment, mais d’autres aussi, pour qui le concept « sea, sex and sun » se transforme en biture, gueule de bois, et sexe au goût de vomi.

 

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Écrit par
Antonio Fischetti
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