Sexe casher en Israël - A/R Magazine voyageur 2018

Sexe casher en Israël

Question sexe, sur la Terre sainte, il y en a pour tous les goûts…

 

D’un côté, les discothèques branchées de Tel-Aviv où l’on peut danser, draguer, et finir au lit (ou pas) comme à Paris, Berlin ou Los Angeles… À l’opposé, on trouve les juifs ultra-orthodoxes, qui sont nettement plus coincés. Ils représentent 10 % de la population d’Israël, mais sont plus nombreux à Jérusalem (un tiers des habitants), et surtout dans le quartier nommé Mea Shéarim. Pour commencer, les ultraorthodoxes interdisent les contacts entre hommes et femmes. Dans les bus, notamment, leurs places sont séparées. Les femmes doivent porter des vêtements — haut col fermé et manches longues — pour cacher leur corps, et les hommes doivent en plus éviter de les regarder. Des « patrouilles de la pudeur » ont même vendu des lunettes qui produisent une vision floue, afin de voir moins nettement les passantes ! Dans un tel contexte, on se doute bien qu’il ne faut pas songer à la moindre activité sexuelle avant le mariage. Ni avec une femme… ni tout seul, d’ailleurs.

 

Des sex-toys 100% casher

 

Dans son documentaire Le sperme sacré, le réalisateur Ori Gruder explique qu’à partir de 13 ans, les garçons doivent apprendre à uriner sans se toucher le sexe : ceci afin d’éviter toute stimulation génitale qui pourrait leur donner envie de se masturber. Et s’il leur arrivait, malgré tout, d’être victimes d’une érection involontaire (ce qui ne manque évidemment pas de se produire), ils doivent s’efforcer de la combattre en suivant par exemple les « remèdes » du rabbin Yisrael Aharon Itzkovitch : « Enfoncer les ongles dans les jambes, se tenir sur la pointe des pieds, se livrer à des exercices de relaxation (…) respirer à fond, faire des sauts sur place et marcher rapidement ». Comme toutes les religions, le judaïsme n’incite pas vraiment aux plaisirs sexuels. Cela dit, il a quand même une particularité non négligeable : il impose à l’homme de combler sa partenaire. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le rabbin Nathan Alexander, à se livrer à une activité peu banale pour un religieux : il a commercialisé des sex-toys casher (vibromasseurs, boules de geishas…), au motif que « la loi juive autorise l’utilisation d’objets qui peuvent permettre d’accomplir au mieux le commandement de donner du plaisir à sa femme ».

 

Est-ce que les ultra-orthodoxes s’appliquent à faire jouir leur épouse avec la même énergie qu’ils déploient pour éviter les autres femmes dans la rue ? Cela reste à prouver… En tout cas, ce serait bien que les femmes de Jérusalem jouissent plus que la moyenne : la Ville sainte mériterait alors bien son nom.

 

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Photographe : Christophe Migeon
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Écrit par
Antonio Fischetti
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