L’empire des uniformes d’écolières et des culottes usagées

 

Les Japonais fantasment sur les jeunes filles en uniformes d’écolière, dont ils peuvent aussi acheter les culottes usagées. Pédophilie ? Pas forcément, car cela s’inscrit dans un imaginaire érotique qui magnifie l’innocence.

 

Si vous allez à Tokyo, dans le quartier de Shibuya, qui est aussi celui des sex-shops, vous risquez de voir des filles en tenue d’écolière dans la rue. Petite jupe plissée, chemisier col marin et foulard, c’est l’uniforme qu’elles portent pour aller en cours. Mais en pleine nuit et dans un quartier chaud, cela peut surprendre. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas forcément d’écolières en perdition, mais de filles bien majeures, qui font simplement un usage érotique de la tenue de nymphette. L’uniforme d’écolière est en effet le must de l’érotisme nippon. On le trouve aussi bien dans les films pornos, que chez les strip-teaseuses, serveuses de bars coquins, et dans les sex-shops où il surpasse les classiques tenues d’infirmière et de policière.

 

À nous les petites écolières

Faut-il en déduire que les Japonais sont tous pédophiles en puissance ? C’est plus subtil. D’ailleurs, aux yeux de la loi, la pédophilie n’est pas plus tolérée au Japon qu’en France. En fait, ce fantasme de l’écolière renvoie à un imaginaire érotique très japonais. C’est en tout cas l’analyse d’Agnès Giard, spécialiste de la sexualité de ce pays, et qui a – notamment – publié « L’Imaginaire érotique au Japon », chez Albin Michel : « Les Japonais ont toujours aimé les jeunes filles inachevées. Cela renvoie à un idéal de féminité inexpérimentée, qui ne connaît rien à la vie et qu’il faut initier. Honteuse mais troublée, innocente mais plus pour longtemps, l’écolière cristallise ce goût très ancien pour les femmes “en devenir”. » (…)

 

Lire la suite dans AR 29.

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Écrit par
Antonio Fischetti
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