Avec Upernoir, le Nord-Pas-de-Calais a bonne mine

Entre Valenciennes et Béthune, la destination Autour du Louvre-Lens casse les clichés liés à une région minière qu’on identifie depuis bientôt trois siècles à une couleur : le noir. Jusqu’au 27 juin 2021, elle déploie le programme Upernoir qui joue avec le noir à travers une ribambelle d’évènements et d’activités. Rando pique-nique sur un terril, burgers au pain noir, virée nocturne en ville, bière noire… Noir c’est noir, il y a de l’espoir !

La Rando 3B (Bicyclette-Bière-Barquette de frites) autour d’Hérin

Parce que la mine et la bière vont bien ensemble, rendez-vous à la Bonne Bière, une micro-brasserie ouverte récemment à Hérin sur l’ancienne fosse fermée en 1946. Ses deux fondateurs. André Sauvenir et Charly Daumerie, produisent leur BB dans le bâtiment de maintenance des mines (1872) aux magnifiques poutres Eiffel. On déguste une bière noire (forcément) et on prend la route à vélo. Un circuit entre terril et corons sous le soleil. Qui a dit qu’il faisait moche dans le Ch’nord ? Une pause à la friterie Une frite Hérin d’autre s’impose pour deux raisons : la qualité de ses frites et la qualité du jeu de mots.

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Un déjeuner en tête à tête avec les biquettes à Rieulay

Sur le Terril des Argales broutent une cinquantaine de chèvres heureuses de débroussailler le plus grand terril plat d’Europe. Elle appartiennent à Paola et Julien qui ont décidé de créer à Rieulay un lieu qui leur ressemble : Les Chevrettes du Terril, un bar-restau agri-cool implanté directement dans la bergerie. C’est au milieu du foin que l’on déguste des planches de produits fermiers. On peut aussi assister à la traite et à la fabrication du fromage. Pour Upernoir, Paola et Julien proposent des rando-biquettes et recouvrent leurs crottins et buchettes de cendres, histoire de rester dans le ton ! 

Descente dans la mine à Lewarde 

Sur l’ancien carreau de la fosse Delloye à Lewarde, le Centre historique minier a ouvert ses portes en 1984 avec pour mission de transmettre la mémoire des gueules noires. On visite la salle de bains dite « la salle des pendus », car les mineurs avant de prendre une douche accrochaient leurs vêtements à des crochets qu’ils hissaient jusqu’au plafond grâce à un système de poulies. On descend dans les galeries pour comprendre l’évolution des techniques d’extraction charbonnières entre 1800 et 1970. Notre cœur se serre en découvrant les conditions infernales de travail des mineurs.

L’expo Lueur présente le travail de deux designers qui ont créé une lampe photophore en s’inspirant des lampes de mineur. Jusqu’à fin août 2021. 

Gravir le plus haut terril d’Europe

Qu’ils ont fière allure les terrils jumeaux 11/19 de Loss-en-Gohelle ! On ne résiste pas à l’envie de grimper sur ces deux cônes parfaits. Comme il faut choisir, on opte pour le plus haut qui s’élève jusqu’à 186 m. Il en a fallu des résidus de mine pour atteindre cette altitude. Avec le temps va, tout s’en va, sauf les terrils (attention, ici on ne prononce pas le L) qui ont fait de ce plat pays l’autre pays des pyramides. Sur leurs flancs noirs des arbres et des plantes ont pris racine et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils s’y plaisent. Arrivés au sommet, on contemple la plaine qui s’embrase sous les derniers feux du soleil. Presque, on aurait envie d’implorer Râ.

Boire un Charbonnay 

335 terrils dans le bassin houiller, mais un seul a eu le cran d’accueillir de la vigne sur ses pentes : le terril 9. À Haillicourt, sur les coteaux sud-ouest de cette colline culminant à 76 m, des Charentais audacieuses  ont planté des cépages de Chardonnay. Un pari osé, mais réussi. Le seul vin de terril du monde est gouleyant et il dégage même des arômes de framboise. Son nom ? Le Charbonnay, évidemment !

Visiter la Cité des Électriciens

Comment vivait-on dans les cités minières ? Comment a évolué l’habitat entre coron, cité pavillonnaire, cité-jardin, cité moderne ? Qu’est-ce qu’un carin ? Pourquoi la brique rouge ? On trouve les réponses à ces questions et à beaucoup d’autres à la Cité des Électriciens, une cité minière construite par la Compagnie des mines à Bruay-la-Buissière entre 1856 et 1861 pour loger les familles des mineurs. Entièrement rénovée, elle se flatte de posséder un centre d’interprétation, des jardins et potagers remarquables et cinq gîtes dont l’ambiance rétro est procurée par du mobilier en formica et des tapisseries chatoyantes (à partir de 45 € la nuit). Mais au fait, que viennent faire les électriciens dans cette histoire de mineurs ? C’est la Compagnie des mines qui pour rendre hommage aux grands savants s’étant illustrés dans le domaine de l’électricité a donné leurs noms aux rues de la cité.

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Écrit par
Sandrine Mercier
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